Interview Laura Buord

Après 1 an et demi à la Régie de quartiers Diagonales, Laura Buord fait le point avec nous et dévoile l’envers de son parcours à nos côtés. Elle revient sur son évolution au sein de notre entreprise d’insertion nettoyage.

Bonjour Laura, merci de prendre de ton temps pour être avec nous aujourd’hui. Peux-tu nous raconter ta vie professionnelle avant ton arrivée chez nous ?

À 17 ans, j’ai commencé par un CAP Vente option alimentaire, que j’ai obtenu. J’aimais le métier mais après la naissance de ma fille, travailler le week-end et les jours fériés… c’était plus compliqué. J’ai enchainé les petits contrats en boulangerie pour être plus présente avec elle avant de décider qu’il fallait que je trouve un autre domaine d’activités. J’ai envoyé des CV dans différentes entreprises puis j’ai décroché un job dans le rayon charcuterie-traiteur à Hyper U. Ma fille avait entre 6 et 9 mois… les horaires n’étaient pas adaptés pour ma vie personnelle avec un enfant en bas âge. J’étais à mi-temps donc l’argent que je gagnais était presque entièrement consacré à rémunérer la nourrice. J’ai ensuite voulu entrer dans la fonction publique pour la stabilité de l’emploi. Je ne connaissais pas la procédure de recrutement, j’ai donc envoyé mon CV au département : j’ai été recruté dans les collèges comme agent polyvalent (Plonge, nettoyage de classe etc.) Pour avoir un CDI, l’investissement au travail ne suffisait pas. J’étais trop jeune, ils acceptent plus facilement les personnes proches de la retraite. Certes il y a des avantages à être dans la fonction publique mais finalement je n’étais pas dans mon élément. J’avais 22 ans, je suis partie sur un coup de tête malgré les bons retours que j’avais à mes entretiens et ma volonté de travailler.

Tu as regretté ce coup de tête ? Qu’as-tu fait après ?

J’ai regretté un peu, c’était spontané, mais j’avais réellement besoin d’une pause pour mon bien-être. Pendant 1 an 1/2, j’ai été mère au foyer. Je me suis consacrée à ma fille et à moi. J’ai pu le faire parce que j’avais toujours travaillé. J’avais besoin de reprendre de l’énergie. J’ai refait du sport, j’ai réappris à vivre. Par contre, au bout d’un an, je me suis dis qu’il fallait reprendre un travail pour ne pas s’arrêter trop longtemps !

Aujourd’hui, tu travailles à la Régie de quartiers Diagonales, comment nous as-tu rejoint ?

J’entendais parlé de la Régie de quartiers, de l’insertion, mais je pensais que je n’y aurais pas le droit. J’ai quand même fait une réunion infoco. Véronique Lorillard, responsable des ressources humaines, avait mon CV et elle m’a rappelé pour le nettoyage de bâtiment. Quand j’ai postulé, je me disais que ça allait prendre du temps avant que je sois recontactée. J’ai été rappelé très vite mais je n’avais pas de nourrice pour mon fils. J’ai trouvé une solution et me voilà ! Le 16 novembre, ça fait 1 an que je suis ici. Je suis passée d’un CDD puis à un CDDI en décembre 2020. Il me reste encore 1 an d’accompagnement.

Est-ce qu’être accompagnée à la Régie t’apporte un plus par rapport à tes anciennes expériences ?

Maintenant que je suis à la Régie, j’ai des projets ! Au début j’avais besoin de prendre mes marques, de voir comment ça se passait dans l’équipe. Je me donne à 100 % dans mon travail. Toutes les semaines, je suis accompagnée par Sarah qui m’a m’a beaucoup aidé, pas seulement sur l’administratif mais elle était aussi là pour me guider « on va chercher ensemble, on va trouver des solutions ». On fait aussi des formations : électricité, SST…

Là où ça me plait d’être en insertion, c’est qu’on a cette partie professionnelle, comme tout le monde, et cette partie sociale.

Je suis curieuse et ici je découvre différentes tâches : ménage de bâtiment, ménage extérieur… Il y a du contact humain, je peux échanger avec les gens.

Tu as des pistes de ce que tu veux faire après la Régie ?

J’aime échanger et être en contact avec les autres. J’ai pensé à être ATSEM avec les enfants. Sinon, le social. Travailler avec les enfants de quartier en difficulté : être confronté à eux, voir ce qu’ils pensent de la vie. Pourquoi pas éducatrice de jeunes enfants en difficulté. Je cherche encore.

J’ai des rêves, je me dis je veux y arriver. J’ai envie d’évoluer. Je suis jeune c’est maintenant.

Tu as participé à la formation « Image de soi » à DEFI, que peux-tu nous en dire ?

La formation « Image de soi » c’est une formation où on parle de nous. Les personnes viennent de la régie, de la fraternité et de l’ADEI17 : on est mélangés.

« Ce qui est bien c’est qu’on a tous pas de confiance en nous quand on arrive. On est tous dans le même bateau. »

On apprend à se connaitre, on échange sur nos vies personnelle et professionnelle. On se rend compte qu’on peut ne pas aimer tout le monde et tout le monde ne peut pas t’aimer et c’est pas grave. C’est ok. Aude – N. b. Aude Ambert, formatrice – ne nous le dit pas, mais on le comprend.

On a le droit de pas aimer et « on a le droit… » sur plein de thématique.

Quand je suis arrivée, je n’avais pas confiance en moi, j’avais une grande baisse de régime. Sortie de là, je pétais le feu comme ce qui me ressemble. J’écrivais beaucoup parce que tout m’intéressait beaucoup. Aude nous disait : « Vous êtes tous différents mais vous êtes tous au même niveau. »

Aude nous guide vers des chemins de discussion mais aborde beaucoup de sujet : le rapport à la direction, le fait que le métier ne fait pas la personne, le rapport au corps… On a travaillé sur les morphologies. On a même pu faire les magasins avec elle pour avoir une autre vision & pouvoir s’accepter.

En seconde partie de formation, on a vu Chantal pour l’aspect professionnel : CV, lettre de motivation, tenue en entretien / entreprise, façon de parler, de se tenir…

« Cette formation t’apprends que tu as des défauts et ce n’est pas grave : il faut juste s’améliorer mais différemment pour s’en sortir, évoluer, s’en sortir. »

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